Instruments

Saz, dotar, panduri, ruan, shruti, udu ou tambour chamanique dévoilent leurs textures vibrantes. Ils entament un dialogue épuré et nous emmènent aux confins d’une Europe, d’un Orient, d’une union. 

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La shruti-box est un instrument de musique indien à anches libres. C’est un guide chant aux bourdons variables actionnés par un soufflet manuel tel un harmonium sans clavier. Un soufflet de cuir ou de carton est fixé sur une caisse de résonance rectangulaire en bois. L’air s’échappe au travers de plusieurs anches simples en laiton (entre 4 et 16) ouvertes ou fermées à volonté. Il faut pomper l’air à la main en actionnant le soufflet. On le rencontre aussi parfois dans les concerts à côté de la tampura.

 

Le udu est un instrument de musique à percussion idiophone du Niger en forme de jarre (c’est la signification du mot en langue igbo). C’est un cousin du ghatam de l’Inde. Il est façonné en terre cuite au tour ou par coulage, mais traditionnellement en colombin avec une ouverture classique en haut du goulot resserré, mais aussi une petite ouverture sur le côté. On le fait résonner en le frappant du plat de la main (la basse est obtenue sur la bouche principale), des phalanges ou du bout des doigts. Son bruit évoque le son de l’eau.

 

Le ruan, aussi appelé luai, shao luai, qin pipa, ruanxian ou yüan-hsien est un luth chinois à manche long appelé aussi guitare-lune. C’est un instrument que l’on retrouve dans toute l’Asie du Sud-Est : dan nguyet (Viêt Nam), wol gum (Corée), genkan (Japon)… Il en existe une dizaine de variantes selon la taille (soprano, ténor, basse), selon qu’il y ait ou non des ouïes, selon le type de frettes et le type de chevillier. La caisse de résonance est ronde et plate, percée en général de deux ouÏes près du long manche qui se prolonge sur la table d’harmonie en bois. Il est prolongé par un grand chevillier courbe avec quatre grandes chevilles. Il y a quatre cordes en soie ou métal, fixées non au chevalet, mais au bas de la caisse.

 

Le panduri est un instrument géorgien à trois cordes, répandu dans tout l’est de la Géorgie. Il est souvent utilisé en accompagnement. Autrefois il était réservé aux nobles. Comme il symbolise la joie, elle représentait un objet essentiel dans le foyer des familles mais on n’avait pas le droit d’en jouer et de le montrer lors des décès.

 

Le saz est un luth à manche long, rencontré en Turquie, en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, en Grèce, en Arménie et en Azerbaïdjan. Il dérive d’une part du kopuz et du dombra, l’instrument traditionnel de cérémonie des Turcs de l’Asie centrale et de Sibérie ; d’autre part, il dérive aussi du tambûr persan. Le mot, d’origine persane, possède plusieurs significations en turc, ce qui peut prêter à une certaine confusion : il peut en effet désigner toute sorte d’instrument de musique, une famille particulière d’instruments à cordes pincées (l’objet de cet article), ou le bağlama (à manche court ou long) qui est le membre le plus courant de cette famille. Il est formé d’une caisse de résonance piriforme en bois et d’un long manche muni de frettes. Il est muni de trois chœurs de cordes qui se jouent avec un plectre.

Dans la culture turque, mais aussi kurde, arménienne, etc., le saz est l’instrument de prédilection de l’aşık, sorte de barde à la fois poète, compositeur, musicien et chanteur. Il sert également pour l’accompagnement des türküs, les chansons populaires traditionnelles. Enfin dans l’alévisme, cet instrument a un caractère sacré, car il est utilisé dans le rituel religieux du Cem.

Le saz permet de jouer tous les demi-tons d’une gamme chromatique, ainsi que certains quarts de ton présents dans les makams (modes) arabes. Cependant du fait que tous les quarts de tons ne sont pas présents, certains modes ne sont pas jouables dans certains tons à moins de déplacer les frettes. Le saz est utilisé exclusivement dans la musique populaire turque, la musique classique turque utilisant le tanbur ottoman.

Le tambour chamanique, à la mélodie puissante, nous amène sur le chemin du moment présent.